07.08.2009
Prise en charge pluridisciplinaire des cas complexes
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Pluridisciplinaire - 2003
Prise en charge pluridisciplinaire des cas complexes
Un cas complexe peut se définir par la multitude des problèmes posés. La résolution d'un tel cas passe donc par l'identification et la hiérarchisation de ces problèmes, afin de les aborder comme autant de cas simples. Cette programmation rationnelle et systématisée, de séquences d'étapes cliniques multidisciplinaires (parodontologie, orthodontie, endodontie, implantologie, prothèse et chirurgie maxillo-faciale) est présentée et illustrée. Le choix des options thérapeutiques et des modalités de leur articulation doivent être justifiés par l'analyse de la littérature relative à la question clinique posée.
Dr François BRONNEC - La notion de complexité est difficile à définir en odontologie : elle fait intervenir des paramètres cliniques, biologiques, psychiques et économiques inhérents aux patients, et d’autres propres aux capacités et compétences du praticien.
Pour autant, elle est à distinguer de la notion de difficulté.
Le degré de complexité d’un cas clinique est caractérisé par la multitude des problèmes qui y sont associés : sa résolution passe par l’identification et la hiérarchisation de ces problèmes.
La démarche proposée adopte cette systématisation de l’approche par problème pour fournir une réponse rationnelle à une nécessité de soin, qui résulte de l’analyse et de la confrontation des besoins et de la demande.
La prise en charge des cas complexes en odontologie impose de plus une approche multidisciplinaire, tant dans l’élaboration du plan de traitement que dans la mise en place des étapes thérapeutiques, lesquelles suivront constamment un schéma directeur commun à tous les cas.
Cette trame permettra d’amener le patient d’un état pathologique à un état de bien-être en restaurant santé, fonction et esthétique.
La prise en charge du patient nécessitera la planification de phases de traitement et instaurera une progression thérapeutique.
L’accueil devra par un interrogatoire et un examen clinique conduire, en l’absence de traitement de l’urgence, à une observation clinique d’évaluation des besoins et à une synthèse des données en vue d’une décision thérapeutique.
Quelque soit le plan de traitement retenu et le détail de son contenu, on s’attachera d’abord à supprimer la symptomatologie quand elle existe, puis on instaurera une phase de traitement étiologique qui visera à supprimer les causes des pathologies, avant d’envisager la phase restauratrice qui devra réparer les séquelles des maladies. Une phase de finalisation viendra ensuite pour consolider les résultats des thérapeutiques précédentes, tandis que la maintenance s’assurera de pérenniser ceux-ci dans le temps.
L’évaluation rigoureuse des nécessités de soins et de ses propres compétences, de même que l’évaluation des résultats obtenus à chaque phase (résultats tangibles ou pronostique d’évolution) doit autoriser la prise en charge de ces cas en omnipratique en ayant recours si besoin à des compétences extérieures.
La programmation exacte des phases thérapeutiques sera détaillée, puis illustrée par une série de cas cliniques traités en suivant cette démarche séquentielle, en insistant sur la spécificité de chaque problématique.
Dr. Olivier GUASTALLA - La maladie parodontale est une maladie inflammatoire, d’origine multifactorielle ayant comme étiologie principale, la plaque bactérienne. Des facteurs locaux aggravants, comme les désordres orthodontiques, sont fréquemment associés au tableau clinique de parodontite chronique. Dés que la phase initiale du traitement parodontal aura permis de réduire la charge bactérienne et l’inflammation, un traitement orthodontique peut être entrepris afin d’améliorer le pronostic parodontal.
L’orthodontie peut corriger les dysharmonies dentaires (évolutions ectopiques, versions, proximités radiculaires, interférences occlusales..) qui sont des facteurs aggravant de la maladie parodontale. L’intervention orthodontique permettra de guider une éruption en normo position et évitera un défaut de soutien parodontal (gencive attachée, support osseux). Les proximités radiculaires pourront être corrigées en redressant les axes des dents. Enfin, le retour à une occlusion équilibrée, tant en statique, qu’en dynamique limitera les interférences occlusales pouvant aggraver une lésion parodontale.
De part la physiologie du mouvement orthodontique, le mouvement dentaire peut être un moyen de corriger certains défauts osseux. Au cours du déplacement dentaire, les forces exercées sur le ligament alvéolaire vont entraîner un remaniement cellulaire important. Une apposition osseuse est stimulée en aval du déplacement et une résorption osseuse est générée en amont. Ainsi, on peut en déplaçant une dent, réduire la profondeur d’une lésion osseuse.
Enfin l’orthodontie pourra corriger certaines migrations dentaires secondaires à la maladie parodontale. Comme la dent s’oppose mécaniquement aux contraintes physiologiques, grâce à son ancrage osseux, si le support osseux se réduit, comme au cours de la maladie parodontale, l’équilibre est rompu et la dent ne peut résister aux forces musculaires (langue, lèvres, joues) et aux contraintes occlusales. Il en résulte un déplacement de la dent. Ces déplacements, secondaires à la réduction du support osseux, entraînent la perte des points de contacts, l’apparition d’interférences occlusales et parfois des égressions. Les mouvements orthodontiques peuvent replacer les dents dans leur position initiale et ainsi restaurer les points de contacts perdus.
Cependant, ces mouvements orthodontiques seront très délicats à réaliser en raison du contexte parodontal. Le support osseux étant réduit, les forces orthodontiques appliquées devront être très limitées, progressives et surveillées. Une maintenance parodontale stricte sera indispensable.
En fin de traitement orthodontique, une contention doit systématiquement être envisagée. Cette contention s’oppose aux forces physiologiques et fonctionnelles et évite la récidive des migrations. Cette contention doit prendre en compte l’importance de la perte de support osseux mais aussi le travail orthodontique effectué. Il existe de nombreux moyen pour contenir les dents entre elles (attelle fibrée, attelle coulée, cavalier d’Abjan…). Le choix du type d’attelle devra être pris en fonction de plusieurs facteurs: la durée de cette contention, de l’intégrité tissulaire des dents contenues, de la demande esthétique, de l’occlusion, du coût engendré, du respect de l’accès à l’hygiène.
Ainsi, la prise en charge des patients atteints de maladie parodontale se doit d’être multidisciplinaire de part les nombreux problèmes posés. Les différentes phases de traitement devront être planifiées et faire l’objet d’une réévaluation constante.
Dr David NISAND - La prise en charge d’un cas complexe si elle nécessite l’identification et la hiérarchisation des problèmes, demande également l’intégration rationnelle de thérapeutiques particulières.
Ainsi, la fiabilité acquise par les techniques implantaires fait de celles ci un outil de choix dans notre arsenal thérapeutique qui se doit de s’inscrire dans un plan de traitement global.
La phase pré implantaire s’intègre dans l’observation clinique d’évaluation. Elle vise à préciser l’indication d’une prothèse implanto-portée et à évaluer le rapport coût/bénéfice/sécurité de cette thérapeutique par rapport aux autres possibilités de traitement.
Cette phase implique un examen clinique local et général et la mise en œuvre d’examens complémentaires de première intention (radiographies panoramique, rétro-alvéolaire et modèles d’études) qui permettront d’évaluer la faisabilité implantaire ( avec ou sans technique chirurgicale pré-implantaire) et d’élaborer un ou plusieurs projets prothétiques.
Les examens complémentaires de seconde intention (montage prospectif, guide d’imagerie et examen tomodensitométrique) valideront le plan de traitement chirurgical et le projet prothétique duquel sera issu le guide d’imagerie.
Il convient dès lors, d’envisager les solutions de temporisation qui vont, selon le secteur (antérieur, postérieur), la qualité du site chirurgical (mise en charge immédiate, semi différée ou différée), le type de protocole chirurgical et les exigences du patient, mettrent en œuvre des moyens conventionnels (prothèse adjointe partielle, bridge collé) ou des solutions de prothèses implanto portées provisoires. Par ailleurs, la phase de temporisation permettra la mise en œuvre de techniques de chirurgie plastique parodontale visant à favoriser l’intégration parodontale et esthétique des futures prothèses implanto-portées.
La phase chirurgicale de mise en place des implants s’inscrit dans le traitement restaurateur et devra éventuellement être planifiée en fonction d’extractions stratégiques (implantation immédiate, semi différée à 6 semaines ou différée à 6 mois).
Enfin, la finalisation prothétique ne devient plus qu’une réalisation technique qui permettra de rétablir durablement la santé, la fonction et l’esthétique.
Dr Jérémie HOMBROUCK - La perte de contacts occlusaux perturbe l’équilibre intra et inter-arcade, de part les mouvements dentaires qu’elle entraîne. Ces derniers sont à l’origine de troubles du plan d’occlusion (perturbations des courbes de compensations) qui compliquent la restauration des tissus dentaire (espace prothétique) et la réhabilitation orale (esthétique, fonction, occlusion statique et dynamique).
Ainsi le problème du plan d’occlusion doit être envisagé avant de commencer toute thérapeutique de la phase restauratrice, qu’elle soit parodontale, endodontique, ou prothétique. Le diagnostique occlusal (nature et sévérité des perturbations) n’est posé qu’après analyse des modèles d’études montés sur articulateur avec un système de transfert (l’arc facial).
Les malpositions dentaires seront traitées par l’orthodontie.
Dans les cas d’égressions molaires, la correction orthodontique est rarement possible (pas d’ancrage suffisant, terrain parodontal..) et des thérapeutiques « soustractives » destinées à replacer la (les) dent(s) dans le plan d’occlusion, sont alors utilisées. Par ordre de sévérité croissant d’égression, le praticien réalisera des améloplasties, des onlays ou des couronnes après traitement endodontique.
Cette dernière alternative thérapeutique est parfois contre indiquée pour des raisons parodontales et biomécaniques, obligeant à l’extraction dentaire.
Parallèlement, on peut envisager de replacer les dents dans le bon couloir occlusal, par la chirurgie orthognatique. Ce choix thérapeutique est indiqué pour les égressions sévères intéressant plusieurs dents stratégiques et saines.
L‘étude de faisabilité du projet chirurgical comporte une simulation sur des duplicata de modèles d’études et une analyse radiographique (téléradiographie). La validation est donnée en concertation avec le chirurgien maxillo-facial. L’ensemble de la thérapeutique est testé sur les modèles (morphologie dentaire et occlusion), puisque la chirurgie n’est qu’un moyen d’aboutir à l’objectif global.
A partir des modèles corrigés, nous réalisons des guides chirurgicaux qui seront transformés en prothèse provisoire de contention, après l’intervention.
La situation clinique est réévaluée, immédiatement et de manière différée (contrôle de la vitalité des piliers dentaires, environnement parodontal, contacts occlusaux…). Le détail des séquences de traitement peut alors être établi et les séquences suivis.
Une phase de réévaluation est entreprise après avoir réalisé l’ensemble des soins nécessaires. Elle permet de passer à la prothèse d’usage, qui ne devient plus qu’une réalisation technique du laboratoire.
Dans la gestion de ces cas complexes, l’approche se doit d’être pluridisciplinaire. Elle peut faire intervenir plusieurs praticiens (chirurgien-dentiste, chirurgien maxillo-facial, orthodontiste), agissant en coopération autour d’un plan de traitement ou chaque problème a été identifié et hiérarchisé.
Conferenciers
DR OLIVIER GUASTALLA - Apport de l'orthodontie dans le traitement de la maladie parodontale et rôle de la contention.
DR JEREMIE HOMBROUCK - Place de la chirurgie maxillo-faciale dans le traitement des perturbations du plan d'occlusion
DR FRANCOIS BRONNEC - Approche rationnelle dans la prise en charge des cas complexes
DR DAVID NISAND - Approche implantaire dans la gestion des cas complexes
DR SAMUEL HOMBROUCK -
bibliographie
Classement des protocoles de recherche utilisés pour déterminer "le niveau de preuve" des réponses aux questions dentaires cliniques - JACOB R.F. et CARR A.B. - 2001
Cah Prothèse 2001 ; 114 : 13-31
Approche multidisciplinaire des cas complexes. - Bronnec F., Hombrouck J. - 2003
Réalités cliniques 2003, 14, (1), 103-117
Osseointegration and treatment planning : periodontists’ perspectives. - Langer B., Becker W. - 1989
The Brånemark osseointegrated implant/ed. AlbrektssonT. et ZarbG. Chicago : Quintessence, p. 127-138
Variation, certainty, evidence and change in dental education : employing evidence-based dentistry in dental education - MARINHO VCCM., RICHARDS D. et NIEDERMAN R - 2001
Dent Educ 2001 ; 65 : 449-455
Du plan au programme de traitement : méthodes et stratégies - VALENTIN C.M. - 1995
Réal Clin 1995 ; 6 : 7-23
Treatment planning in : Clinical periodontology and implant dentistry - LINDHE J. et NYMAN S. - 1997
3rd ed, Munkgard, Copenhagen. 1997 : 420-437
Guide d'emploi de la littérature dentaire : comment l'aborder ? - CARR A.B. et Mc GIVNEY G.P. - 2001
Cah Prothèse 2001 ; 114 : 7-12
Chirurgie orthognatique segmentaire pour le rétablissement de l’espace prothètique - Desboeuf S, Fleiter B - 1999
Cah Proth 1999, 107, 7-16
Les problèmes de l’occlusion clinique - Dawson PE trad Liger F
2ed CdP Paris
Apport de la chirurgie orthognathique en prothèse adjointe - Berteretche MV - 1995
Cah Proth 1995, 91, 7-18
The influence of specialty training and experience on decision making in endodontic diagnostis and treatment planning - Mc CAUL L.K. et Mc HUGH S - 2001
Int Endod J 2001 ; 34 : 594-606
Tooth mobility and the biological rationale for splinting teeth. - Nyman, S. R. & Lang, N. P. - 2000
Periodontol.2000., 1994 4, 15-22.
Intrusion of migrated incisors with infrabony defects in adult periodontal patients - Cardaropoli D, Re S, Corrente G, Abundo R. - 2001
Am J Orthod Dentofacial Orthop. 2001 Dec;120(6):671-5
Orthodontic treatment in periodontally compromised patients: 12-year report. - Re S, Corrente G, Abundo R, Cardaropoli D. - 2000
Int J Periodontics Restorative Dent. 2000 Feb;20(1):31-9
Pluridisciplinaire - 2003
Prise en charge pluridisciplinaire des cas complexes
Un cas complexe peut se définir par la multitude des problèmes posés. La résolution d'un tel cas passe donc par l'identification et la hiérarchisation de ces problèmes, afin de les aborder comme autant de cas simples. Cette programmation rationnelle et systématisée, de séquences d'étapes cliniques multidisciplinaires (parodontologie, orthodontie, endodontie, implantologie, prothèse et chirurgie maxillo-faciale) est présentée et illustrée. Le choix des options thérapeutiques et des modalités de leur articulation doivent être justifiés par l'analyse de la littérature relative à la question clinique posée.
Dr François BRONNEC - La notion de complexité est difficile à définir en odontologie : elle fait intervenir des paramètres cliniques, biologiques, psychiques et économiques inhérents aux patients, et d’autres propres aux capacités et compétences du praticien.
Pour autant, elle est à distinguer de la notion de difficulté.
Le degré de complexité d’un cas clinique est caractérisé par la multitude des problèmes qui y sont associés : sa résolution passe par l’identification et la hiérarchisation de ces problèmes.
La démarche proposée adopte cette systématisation de l’approche par problème pour fournir une réponse rationnelle à une nécessité de soin, qui résulte de l’analyse et de la confrontation des besoins et de la demande.
La prise en charge des cas complexes en odontologie impose de plus une approche multidisciplinaire, tant dans l’élaboration du plan de traitement que dans la mise en place des étapes thérapeutiques, lesquelles suivront constamment un schéma directeur commun à tous les cas.
Cette trame permettra d’amener le patient d’un état pathologique à un état de bien-être en restaurant santé, fonction et esthétique.
La prise en charge du patient nécessitera la planification de phases de traitement et instaurera une progression thérapeutique.
L’accueil devra par un interrogatoire et un examen clinique conduire, en l’absence de traitement de l’urgence, à une observation clinique d’évaluation des besoins et à une synthèse des données en vue d’une décision thérapeutique.
Quelque soit le plan de traitement retenu et le détail de son contenu, on s’attachera d’abord à supprimer la symptomatologie quand elle existe, puis on instaurera une phase de traitement étiologique qui visera à supprimer les causes des pathologies, avant d’envisager la phase restauratrice qui devra réparer les séquelles des maladies. Une phase de finalisation viendra ensuite pour consolider les résultats des thérapeutiques précédentes, tandis que la maintenance s’assurera de pérenniser ceux-ci dans le temps.
L’évaluation rigoureuse des nécessités de soins et de ses propres compétences, de même que l’évaluation des résultats obtenus à chaque phase (résultats tangibles ou pronostique d’évolution) doit autoriser la prise en charge de ces cas en omnipratique en ayant recours si besoin à des compétences extérieures.
La programmation exacte des phases thérapeutiques sera détaillée, puis illustrée par une série de cas cliniques traités en suivant cette démarche séquentielle, en insistant sur la spécificité de chaque problématique.
Dr. Olivier GUASTALLA - La maladie parodontale est une maladie inflammatoire, d’origine multifactorielle ayant comme étiologie principale, la plaque bactérienne. Des facteurs locaux aggravants, comme les désordres orthodontiques, sont fréquemment associés au tableau clinique de parodontite chronique. Dés que la phase initiale du traitement parodontal aura permis de réduire la charge bactérienne et l’inflammation, un traitement orthodontique peut être entrepris afin d’améliorer le pronostic parodontal.
L’orthodontie peut corriger les dysharmonies dentaires (évolutions ectopiques, versions, proximités radiculaires, interférences occlusales..) qui sont des facteurs aggravant de la maladie parodontale. L’intervention orthodontique permettra de guider une éruption en normo position et évitera un défaut de soutien parodontal (gencive attachée, support osseux). Les proximités radiculaires pourront être corrigées en redressant les axes des dents. Enfin, le retour à une occlusion équilibrée, tant en statique, qu’en dynamique limitera les interférences occlusales pouvant aggraver une lésion parodontale.
De part la physiologie du mouvement orthodontique, le mouvement dentaire peut être un moyen de corriger certains défauts osseux. Au cours du déplacement dentaire, les forces exercées sur le ligament alvéolaire vont entraîner un remaniement cellulaire important. Une apposition osseuse est stimulée en aval du déplacement et une résorption osseuse est générée en amont. Ainsi, on peut en déplaçant une dent, réduire la profondeur d’une lésion osseuse.
Enfin l’orthodontie pourra corriger certaines migrations dentaires secondaires à la maladie parodontale. Comme la dent s’oppose mécaniquement aux contraintes physiologiques, grâce à son ancrage osseux, si le support osseux se réduit, comme au cours de la maladie parodontale, l’équilibre est rompu et la dent ne peut résister aux forces musculaires (langue, lèvres, joues) et aux contraintes occlusales. Il en résulte un déplacement de la dent. Ces déplacements, secondaires à la réduction du support osseux, entraînent la perte des points de contacts, l’apparition d’interférences occlusales et parfois des égressions. Les mouvements orthodontiques peuvent replacer les dents dans leur position initiale et ainsi restaurer les points de contacts perdus.
Cependant, ces mouvements orthodontiques seront très délicats à réaliser en raison du contexte parodontal. Le support osseux étant réduit, les forces orthodontiques appliquées devront être très limitées, progressives et surveillées. Une maintenance parodontale stricte sera indispensable.
En fin de traitement orthodontique, une contention doit systématiquement être envisagée. Cette contention s’oppose aux forces physiologiques et fonctionnelles et évite la récidive des migrations. Cette contention doit prendre en compte l’importance de la perte de support osseux mais aussi le travail orthodontique effectué. Il existe de nombreux moyen pour contenir les dents entre elles (attelle fibrée, attelle coulée, cavalier d’Abjan…). Le choix du type d’attelle devra être pris en fonction de plusieurs facteurs: la durée de cette contention, de l’intégrité tissulaire des dents contenues, de la demande esthétique, de l’occlusion, du coût engendré, du respect de l’accès à l’hygiène.
Ainsi, la prise en charge des patients atteints de maladie parodontale se doit d’être multidisciplinaire de part les nombreux problèmes posés. Les différentes phases de traitement devront être planifiées et faire l’objet d’une réévaluation constante.
Dr David NISAND - La prise en charge d’un cas complexe si elle nécessite l’identification et la hiérarchisation des problèmes, demande également l’intégration rationnelle de thérapeutiques particulières.
Ainsi, la fiabilité acquise par les techniques implantaires fait de celles ci un outil de choix dans notre arsenal thérapeutique qui se doit de s’inscrire dans un plan de traitement global.
La phase pré implantaire s’intègre dans l’observation clinique d’évaluation. Elle vise à préciser l’indication d’une prothèse implanto-portée et à évaluer le rapport coût/bénéfice/sécurité de cette thérapeutique par rapport aux autres possibilités de traitement.
Cette phase implique un examen clinique local et général et la mise en œuvre d’examens complémentaires de première intention (radiographies panoramique, rétro-alvéolaire et modèles d’études) qui permettront d’évaluer la faisabilité implantaire ( avec ou sans technique chirurgicale pré-implantaire) et d’élaborer un ou plusieurs projets prothétiques.
Les examens complémentaires de seconde intention (montage prospectif, guide d’imagerie et examen tomodensitométrique) valideront le plan de traitement chirurgical et le projet prothétique duquel sera issu le guide d’imagerie.
Il convient dès lors, d’envisager les solutions de temporisation qui vont, selon le secteur (antérieur, postérieur), la qualité du site chirurgical (mise en charge immédiate, semi différée ou différée), le type de protocole chirurgical et les exigences du patient, mettrent en œuvre des moyens conventionnels (prothèse adjointe partielle, bridge collé) ou des solutions de prothèses implanto portées provisoires. Par ailleurs, la phase de temporisation permettra la mise en œuvre de techniques de chirurgie plastique parodontale visant à favoriser l’intégration parodontale et esthétique des futures prothèses implanto-portées.
La phase chirurgicale de mise en place des implants s’inscrit dans le traitement restaurateur et devra éventuellement être planifiée en fonction d’extractions stratégiques (implantation immédiate, semi différée à 6 semaines ou différée à 6 mois).
Enfin, la finalisation prothétique ne devient plus qu’une réalisation technique qui permettra de rétablir durablement la santé, la fonction et l’esthétique.
Dr Jérémie HOMBROUCK - La perte de contacts occlusaux perturbe l’équilibre intra et inter-arcade, de part les mouvements dentaires qu’elle entraîne. Ces derniers sont à l’origine de troubles du plan d’occlusion (perturbations des courbes de compensations) qui compliquent la restauration des tissus dentaire (espace prothétique) et la réhabilitation orale (esthétique, fonction, occlusion statique et dynamique).
Ainsi le problème du plan d’occlusion doit être envisagé avant de commencer toute thérapeutique de la phase restauratrice, qu’elle soit parodontale, endodontique, ou prothétique. Le diagnostique occlusal (nature et sévérité des perturbations) n’est posé qu’après analyse des modèles d’études montés sur articulateur avec un système de transfert (l’arc facial).
Les malpositions dentaires seront traitées par l’orthodontie.
Dans les cas d’égressions molaires, la correction orthodontique est rarement possible (pas d’ancrage suffisant, terrain parodontal..) et des thérapeutiques « soustractives » destinées à replacer la (les) dent(s) dans le plan d’occlusion, sont alors utilisées. Par ordre de sévérité croissant d’égression, le praticien réalisera des améloplasties, des onlays ou des couronnes après traitement endodontique.
Cette dernière alternative thérapeutique est parfois contre indiquée pour des raisons parodontales et biomécaniques, obligeant à l’extraction dentaire.
Parallèlement, on peut envisager de replacer les dents dans le bon couloir occlusal, par la chirurgie orthognatique. Ce choix thérapeutique est indiqué pour les égressions sévères intéressant plusieurs dents stratégiques et saines.
L‘étude de faisabilité du projet chirurgical comporte une simulation sur des duplicata de modèles d’études et une analyse radiographique (téléradiographie). La validation est donnée en concertation avec le chirurgien maxillo-facial. L’ensemble de la thérapeutique est testé sur les modèles (morphologie dentaire et occlusion), puisque la chirurgie n’est qu’un moyen d’aboutir à l’objectif global.
A partir des modèles corrigés, nous réalisons des guides chirurgicaux qui seront transformés en prothèse provisoire de contention, après l’intervention.
La situation clinique est réévaluée, immédiatement et de manière différée (contrôle de la vitalité des piliers dentaires, environnement parodontal, contacts occlusaux…). Le détail des séquences de traitement peut alors être établi et les séquences suivis.
Une phase de réévaluation est entreprise après avoir réalisé l’ensemble des soins nécessaires. Elle permet de passer à la prothèse d’usage, qui ne devient plus qu’une réalisation technique du laboratoire.
Dans la gestion de ces cas complexes, l’approche se doit d’être pluridisciplinaire. Elle peut faire intervenir plusieurs praticiens (chirurgien-dentiste, chirurgien maxillo-facial, orthodontiste), agissant en coopération autour d’un plan de traitement ou chaque problème a été identifié et hiérarchisé.
Conferenciers
DR OLIVIER GUASTALLA - Apport de l'orthodontie dans le traitement de la maladie parodontale et rôle de la contention.
DR JEREMIE HOMBROUCK - Place de la chirurgie maxillo-faciale dans le traitement des perturbations du plan d'occlusion
DR FRANCOIS BRONNEC - Approche rationnelle dans la prise en charge des cas complexes
DR DAVID NISAND - Approche implantaire dans la gestion des cas complexes
DR SAMUEL HOMBROUCK -
bibliographie
Classement des protocoles de recherche utilisés pour déterminer "le niveau de preuve" des réponses aux questions dentaires cliniques - JACOB R.F. et CARR A.B. - 2001
Cah Prothèse 2001 ; 114 : 13-31
Approche multidisciplinaire des cas complexes. - Bronnec F., Hombrouck J. - 2003
Réalités cliniques 2003, 14, (1), 103-117
Osseointegration and treatment planning : periodontists’ perspectives. - Langer B., Becker W. - 1989
The Brånemark osseointegrated implant/ed. AlbrektssonT. et ZarbG. Chicago : Quintessence, p. 127-138
Variation, certainty, evidence and change in dental education : employing evidence-based dentistry in dental education - MARINHO VCCM., RICHARDS D. et NIEDERMAN R - 2001
Dent Educ 2001 ; 65 : 449-455
Du plan au programme de traitement : méthodes et stratégies - VALENTIN C.M. - 1995
Réal Clin 1995 ; 6 : 7-23
Treatment planning in : Clinical periodontology and implant dentistry - LINDHE J. et NYMAN S. - 1997
3rd ed, Munkgard, Copenhagen. 1997 : 420-437
Guide d'emploi de la littérature dentaire : comment l'aborder ? - CARR A.B. et Mc GIVNEY G.P. - 2001
Cah Prothèse 2001 ; 114 : 7-12
Chirurgie orthognatique segmentaire pour le rétablissement de l’espace prothètique - Desboeuf S, Fleiter B - 1999
Cah Proth 1999, 107, 7-16
Les problèmes de l’occlusion clinique - Dawson PE trad Liger F
2ed CdP Paris
Apport de la chirurgie orthognathique en prothèse adjointe - Berteretche MV - 1995
Cah Proth 1995, 91, 7-18
The influence of specialty training and experience on decision making in endodontic diagnostis and treatment planning - Mc CAUL L.K. et Mc HUGH S - 2001
Int Endod J 2001 ; 34 : 594-606
Tooth mobility and the biological rationale for splinting teeth. - Nyman, S. R. & Lang, N. P. - 2000
Periodontol.2000., 1994 4, 15-22.
Intrusion of migrated incisors with infrabony defects in adult periodontal patients - Cardaropoli D, Re S, Corrente G, Abundo R. - 2001
Am J Orthod Dentofacial Orthop. 2001 Dec;120(6):671-5
Orthodontic treatment in periodontally compromised patients: 12-year report. - Re S, Corrente G, Abundo R, Cardaropoli D. - 2000
Int J Periodontics Restorative Dent. 2000 Feb;20(1):31-9
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